Etre une fille et plus tard une femme, c’est loin d‘être simple. L’adolescence. C’est trop génial. Puis l’entrée dans l’âge adulte, puis les différentes expériences de la vie : une flopée de relation, une relation plus longue, la construction d’une identité, la conscience du regard et des attentes de la société, de sa famille, de sois-même, le féminisme, la séduction, l’orientation sexuelle, la construction d’une famille, d’une carrière ou juste d’une vie professionnel, les amis, les sorties, etc …
C’est … compliqué, ça arrive parfois en même temps, parfois non. Mais il faut dealer avec. Faut tout gérer. Y’a souvent des faux pas. Mais surtout, qui en parle de la Féminité, de ce que c’est, en quoi ça consiste, comment ça se vit ?
Alors oui, les magazines sont bourrés d’articles en tout genre sur le bonheur et le maquillage, la mode, la sexualité. Les copines ça sert aussi à ça. Le web, YouTube, etc. Mais ce ne sont que des aspects et franchement, ça n’aborde pas vraiment le sujet, c’est plutôt : soit tu es ce genre de fille, soit tu es ce genre-là.
J’ai découvert très tard juste le principe de la féminité. Jusqu’à très récemment, la féminité = la grâce = Grace Kelly, Romy Schneider, Elizabeth Taylor, [insert name here] Je pensais que c’était un concept inaccessible pour moi. Je suis plutôt du genre Hobbit. De plus, je n’ai entendu que ça la plus part du temps : “Mais est-ce que tu pourrais avoir un peu plus de grâce ?” De facto, ça sous-entend que je ne le suis pas, gracieuse.
Alors voilà, j’arrive peut-être tard au party, mais grosse révélation : la féminité, ce n’est pas que la Parisienne, la féminité c’complexe mais c’est comme le féminisme, c’est personnel.
La féminité est l’ensemble des caractères morphologiques, psychologiques et comportementaux spécifiques, ou considérés comme spécifiques aux femmes. Ils sont liés au sexe ou au genre, et fortement influencés, voire conditionnés par l’environnement socioculturel. Dans l’usage, la part des caractères socioculturels de la féminité contribue à l’identité sexuelle.
J’ai eu un mal fou à comprendre. Je me suis remise en question, j’ai lu, j’ai questionné, j’ai observé, je me suis sentie jugée plus souvent qu’à mon tour, j’ai ma part d’expérience ratée avec le maquillage, j’ai aussi ma part de sortie réussie mais surtout, j’ai réussi à faire la paix avec moi-même avec quelque chose d’important : j’ai des jours où j’ai grave envie d’être en jupette et talon, d’autre jour je retombe dans mon envie de gros pull et Doc’s, que mes amis je les verrai toujours avec un regard de maman mais aussi de flirt parce que voilà, c’est ce que je suis. Je n’ai pas moins le droit de flirter parce que j’ai élevé un mioche et je n’ai pas moins le droit de leur filer tout les conseils ( testé&approuvé ) pour faire passer une grippe, justement parce que j’ai élevé un mioche. Que je peux bien courir en talon si je veux, parce que j’aime le sport et que je peux porter lesdits talons, même si j’ai la silhouette de Madame Patate sur des cures-dents, parce qu’il se trouve que j’aime ça les talons, ce n’est pas antinomiques. Le droit au talon des Hobbits ! Que j’ai l’air d’être gracieuse mais qu’en fait je suis un éléphant dès que je bouge. Que je suis fancy avec un verre à la main mais que je suis sélectionneur comme les copains avec une peinte. Je ne suis pas moins femme, pas moins fille et pas moins emmerdeuse avec mes exigences, mes envies et mes droits. Pouet.
Ca en prend du temps pour arriver-là. Ma femme dirait que c’est parce que voilà, j’en suis enfin à cet âge où les femmes viennent en paix avec elles-mêmes. 30 ans paraît-il, parce qu’on a fait les 10 dernières années à tester et à complexer. Mon parcours étant légèrement différent, j’étais dubitative. Pour ma part, c’est surtout qu’un jour je me suis posé et je me suis dis que ça ne me servais à rien de vouloir être Grace Kelly, déjà, mes poignets sont probablement plus gros que ses 2 chevilles réunies et que je suis moi. Ce qui veut dire que si j’ai envie de passer mon samedi à m’épiler et pas me raser, ce n’est pas contre le féminisme. Que je ne suis pas moins femme, quoique je fasse. Que pour être femme, il n’est pas obligatoire de se maquiller parce qu’on est militaire/sportive/dure/intransigeante/name-it. Je suis biologiquement une femme ( et il se trouve que ça me convient ), par conséquent, je n’ai pas à le prouver et je n’ai pas à choisir un style et à en prendre tous les codes.
Mais aussi parce que je me suis demandé, comme-ça-pour-le-fun, comment élever une fille aujourd’hui ? Certes, les discussions, je n’ai pas voulu les avoir avec ma mère, mais damned, j’aurais dû et damned, oui, on devrait les avoir avec nos filles. Pas que du féminisme et de faire gaffe à leur première fois et que les règles c’est pas cool et tout ça. Mais grosso modo à : c’est quoi être une femme, qu’il faudra qu’elle s’en fasse sa propre idée, qu’elle n’hésite pas à faire ses expériences et que bah oui, elle sera complexée mais que oui, ça passera, si elle se donne une chance.
Parce que j’ai pas souvenir d’avoir lu/entendu quelque part : être femme, c’est complexe. Ah si, après, quand tu es mère et que bon, tu n’es pas que mère. Les autres ? Point de salut ou plutôt : sois belle et tais-toi, et si tu t’es pas belle, souris.
“Well, I’ve seen a lot of this universe. I’ve seen fake gods and bad gods and demi-gods and would-be gods. I’ve had the whole pantheon. But if I believe in one thing… just one thing… I believe in her!”